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Ancien député de la 5ème circoncription des Français de l'étranger
Andorre, Espagne, Monaco & Portugal
 
10/05/2016

Un plan d’action pour la lutte contre la radicalisation

Un nouveau plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme a été présenté ce lundi : il se substitue à celui adopté en 2014, et compte 80 mesures, dont 50 mesures nouvelles.

 

Aujourd'hui, le constat est saisissant, notamment par le développement rapide du phénomène de radicalisation ces dernières années. Depuis l’Europe, ce sont 5 000 individus qui sont partis combattre en Syrie ou en Irak depuis le début du conflit. Un bon nombre est resté sur place. 627 d’entre eux sont Français, soit le contingent le plus important, parmi les combattants européens. Parmi elles, 171 personnes au moins sont présumées y avoir trouvé la mort, et 244 personnes sont revenues sur le territoire national. Il faut ajouter à ce chiffre un millier de personnes ayant manifesté des velléités de départ, dont 216 ayant quitté probablement le territoire national, sans que leur présence ne soit attestée en Syrie ou en Irak. A ce décompte, s’ajoute ou se recoupe le signalement de près de 9 300 personnes pour radicalisation violente, dont 4 600 via la plateforme nationale de signalement et 4 900 via les états-majors de sécurité départementaux (dont 200 doubles signalements).

Deux types de mesures ont donc été présentés : d’une part, celles qui permettront d’agir en amont et prévenir la radicalisation et, d’autre part, celles pour agir en aval, notamment pour prendre en charge les personnes radicalisées.

 

Prévenir la radicalisation

- L’éducation nationale est en première ligne. Le contrôle des établissements hors contrat et de l’enseignement à domicile sera poursuivi et intensifié.

- La culture joue également un rôle déterminant. La lutte contre la radicalisation, c’est avant tout une lutte contre l’obscurantisme, la manipulation des esprits. L’éducation aux médias doit prendre de l’ampleur car elle est la meilleure arme contre le complotisme.

- Seront renforcées les actions de traitement des problèmes de santé mentale, assez fréquents chez les personnes radicalisées, ainsi que la protection judiciaire de la jeunesse en milieu ouvert.

 

Détecter la radicalisation le plus précocement possible

- Via le signalement : Une grille d’analyse commune a été élaborée sur ce qu’est un signalement dangereux et ce qui ne l’est pas, pour mieux coordonner les contributions des écoutants de la plateforme, des services de renseignement, des cellules départementales de suivi.

- Via la détection des déplacements : il faut empêcher les terroristes de circuler, de trouver des armes, ou des financements. C’est l’objet du registre des passagers français (PNR), qui entrera progressivement en service cet été. Ce fichier rassemblera l’identité des passagers aériens entrant et sortant de territoire français et pourra être utilisé par les services de sécurité français. Afin que cette mesure soit complète, j’ai fait adopter dans la proposition de loi pour l’économie bleue l’extension de ce registre aux transports maritimes.

Il s’agira du premier PNR mis en œuvre en Europe continentale, avant le développement des autres PNR européens que la France a vigoureusement défendu à Bruxelles.

- Via la détection en prison. Il a été décidé de doter l’administration pénitentiaire d’un service de renseignement de plein exercice, après avoir créé des unités dédiées de regroupement de détenus radicalisés. Aumôneries, programmes de formation, sécurisation des établissements pénitentiaires : rien ne doit être négligé pour contenir l’influence d’imams autoproclamés, qui recrutent dans le milieu carcéral.

 

Combattre la radicalisation

Pour agir en aval, plusieurs mesures permettront de combattre cette radicalisation et d’empêcher les terroristes potentiels d’agir.

Cela se fait d’abord au niveau international en poursuivant avec les pays alliés notre action militaire. Les frappes de la coalition produisent leurs effets : l’Etat islamique recule. Mais nous savons combien la menace est mouvante.

Autre mesure, surveiller et lutter contre les filières terroristes par des opérations sur le sol français contre les filières, tout en réaffirmant que la répression du terrorisme appartient à l’autorité judiciaire. Des actions ont également été entreprises pour couper toute source de financements à ceux qui s’enrôlent dans les filières terroristes. Quiconque s’engage dans les filières terroristes perdra d’ailleurs le bénéfice de ses droits sociaux.

Pour la prise en charge des personnes radicalisées, plusieurs dispositions entrent en vigueur:

- le doublement, d’ici deux ans, des capacités de prise en charge des personnes radicalisées. Le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation bénéficiera d’effectifs renforcés. Le Fonds interministériel pour la prévention de la délinquance (FIPD) avait été doté de 60 millions d’euros supplémentaires sur trois ans. Ce montant sera porté à 100 millions d’euros par la suite.

- la création d’ici 2017 de centres de réinsertion et de citoyenneté, avec hébergement, dédié aux personnes radicalisées dans chaque région. Au moins la moitié accueillera, à la demande de l’autorité judiciaire, des personnes qui ne peuvent être placées en détention.

- construire de puissants contre-discours : il faut pour cela mobiliser les voix de la communauté musulmane de France. Elle doit se faire entendre, parler encore plus fort qu’elle ne le fait aujourd’hui afin de prôner l’apaisement et l’adhésion aux valeurs de la République.

Pour finir, il faut aussi poursuivre la protection des sites sensibles. Le plan d’action présente l’ensemble des mesures activées pour prévenir l’accès de personnes radicalisées à ce type de sites. Les enquêtes administratives, ce que l’on appelle le criblage, seront renforcées et régulièrement réactualisées. Plusieurs de ces dispositifs renforcés entreront en œuvre dès cet été, avec une vigilance particulière pendant l’Euro 2016.

 

Si vous souhaitez obtenir plus de détails sur ce plan, cliquez ici.

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