aller au contenu
 
Ancien député de la 5ème circoncription des Français de l'étranger
Andorre, Espagne, Monaco & Portugal
 
11/02/2016

Retour sur les rencontres parlementaire de la Mer et du Littoral

J'ai participé mardi 9 février dernier aux rencontres parlementaires de la Mer et du Littoral consacrées cette année à la croissance bleue. Vous trouverez ci-dessous une synthèse de mon intervention dans laquelle j'ai insisté sur la nécessité pour notre pays de mettre en place une vraie politique maritime.

Généralement décrite comme la deuxième puissance maritime mondiale en raison de l'étendue de son espace maritime, la France constitue au contraire la "deuxième impuissance maritime" au monde tant nous peinons à mettre en œuvre des mesures volontaristes dans ce domaine.

David Ascher, journaliste :Arnaud Leroy, votre proposition de loi sur l’économie bleue a été adoptée la semaine dernière. Quels en étaient les axes principaux ?

Arnaud Leroy, député : J‘ai entendu ce matin parler de la "puissance maritime française", or je constate que nos discussions s’attardent sur notre potentiel, mais sans effet.

Le maritime est victime de complexité et de surtransposition, ce qui représente autant de parpaings qui alourdissent notre bagage dans la course mondiale. J’observe également que la Stratégie nationale pour la mer et le littoral, qui figure dans la loi depuis 2009, n’a toujours pas livré la moindre action : un retour en arrière est peut-être nécessaire.

Je me suis intéressé à la recherche afin de réfléchir à une meilleure coordination des travaux de recherche océanographique alors que les budgets diminuent. Selon moi, le COMER devrait avoir beaucoup plus de place au sein du CNML, afin de pouvoir éclairer les choix législatifs des parlementaires. Lors d’un CIMER récent, la France a décidé de lancer une stratégie d’exploration et d’exploitation des grands fonds marins, ce qui implique un renforcement de la recherche dans ce domaine.
La loi que j’ai portée doit permettre de gérer les conflits d’usages, sans vitrifier les zones et en restant ouvert pour saisir les opportunités. Le premier ennemi de la mer, c’est la terre. Par exemple, pour les ostréiculteurs et les conchyliculteurs, le problème réside dans les intrants utilisés par les agriculteurs. Dès lors, comment entretenir un dialogue constructif avec cette profession actuellement  soumise à rude épreuve ?

Face à ce constat, je dirais que la France n’est pas la deuxième puissance maritime mais la deuxième impuissance maritime. En effet, lorsque l’on contemple d’un côté les atouts dont nous disposons et de l’autre notre incapacité à engager des actions, j’estime que l’on est en droit de s’interroger.

Pour ma part, j’ai écouté les uns et les autres pendant 2 ans avant de faire des choix et de proposer des dispositions. Je compte sur le Sénat pour progresser rapidement dans l’espoir de disposer d’un outil de travail dès le mois de juillet ou d’août prochain. Je me reposerai ensuite sur un comité de suivi de l’application de la loi car je suis scandalisé face au nombre de décisions qui sont restées lettre morte ou ont nécessité des années avant d’être mises en œuvre après le Grenelle de l’environnement.

breve - pointdevue - travail_parlementaire - tribune