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Ancien député de la 5ème circoncription des Français de l'étranger
Andorre, Espagne, Monaco & Portugal
 
27/04/2016

Pourquoi « En Marche ! » ?

Cette question légitime, beaucoup me la posent depuis le lancement du mouvement d’Emmanuel Macron.

Suis-je devenu partisan du « ni droite ni gauche » auquel on essaie de réduire cette initiative ? Non. Je crois simplement que l’heure est venue d’assumer devant les Français la possibilité de mener de concert des chantiers de long terme pour le pays, ces grands projets qui réclament un large consensus et une stabilité face aux alternances.

La démocratie fonctionne par essence sur le consensus. Au regard de la tâche à accomplir, nous ne pouvons plus faire croire qu’il y a, sur tous les sujets, des solutions de gauche ou de droite. Il y a des curseurs qui divergent, des nuances, des tendances. Et nombre d’entre elles sont surmontables au prix de compromis intelligents et intelligibles.

Je viens d’en faire moi-même l’expérience avec la loi dite « Leroy », sur l’économie bleue. Sur des sujets aussi essentiels que l’économie, le social ou l’environnement, il a fallu trouver des compromis. Je l’ai fait par exemple avec les syndicats d’armateurs, de dockers et de marins dont les intérêts divergent parfois fortement. Adopté à la quasi-unanimité dans des assemblées aux couleurs politiques différentes, ce texte de loi montre que gauche et droite peuvent trouver, sur plusieurs sujets, des sillons communs. C’est en travaillant au rassemblement le plus large que j’ai réussi à mener à bien ce chantier et lui garder son ambition originelle. Est-ce impossible pour d’autres sujets ? Je ne le crois pas.

Cette méthode est aussi essentielle pour redonner un projet de long terme à notre pays, incarner une vision de ce que sera la France dans 50 ans. L’angoisse et la morosité dont souffre notre pays viennent aussi de ce manque de projection optimiste. L’avenir de la France ne peut pas se résoudre à la glorification de notre passé, aussi important soit-il. En effet, la nostalgie n’a jamais constitué un carburant pour le progrès.

Ce constat, beaucoup de nos compatriotes le partagent. Il suffit de tendre l’oreille en dehors des réunions partisanes pour l’entendre. La part de l’électorat flottant et changeant d’élection en élection en est la preuve. Il ne s’agit en rien de supprimer les clivages, ils existent depuis plus de 300 ans, mais il convient de ne pas les surjouer et surtout de les faire vivre au temps qui est le nôtre.

Ce temps est aussi celui d’une montée continue de l’extrême-droite, qui surfe sur le rejet de la classe politique traditionnelle et de son discours. La parole politique est devenue pauvre car elle ne sait plus nommer les choses. Elle est également devenue faible car elle n’assume plus de dire « non » quand une mesure est impossible à mettre en place. Je crains sincèrement que le prochain mandat, 2017-2022, sera le dernier mandat utile avant un véritable séisme politique.

Enfin, cette adhésion se fonde sur un double constat. L’essoufflement généralisé des appareils politiques, droite et gauche confondues, un essoufflement qui se traduit par la difficulté à attirer de nouveaux talents et un assèchement en termes d’idées, de solutions nouvelles pour le pays et l’Europe, de réponses à la hauteur des changements en cours ou annoncés à l’échelle mondiale. J’ai honnêtement peine à croire que la simple organisation de primaires à Gauche changeront cela. Il faut une refondation beaucoup plus forte et profonde qu’un simple casting.

C’est aussi ces raisons qui m’amènent à croire qu’il est difficile de projeter les calques de 1981 ou 1997 sur le besoin d’unité de la Gauche pour arriver à la victoire. Les différences sont aujourd’hui trop grandes pour croire et faire croire à un rabibochage de dernière minute. La situation a changé, nombre de partis sont aujourd’hui des quasi « coquilles vides »,  alors que la société grouille d’initiatives, de volontés d’engagement. C’est pourquoi je pense que le mouvement « En Marche! » peut être ce « passeur » dont notre démocratie a tant besoin.

Voilà les raisons de mon engagement auprès d’Emmanuel Macron, nous partageons le diagnostic sur notre pays, sur l’Europe et nombre de solutions.