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Député de la 5ème circoncription des Français de l'étranger
Andorre, Espagne, Monaco & Portugal
 

Point sur la situation syrienne.

Chères et chers compatriotes,

En cette rentrée, ce n’est malheureusement pas le retour à l’école qui fait l’actualité mais la barbarie.

Comme vous le savez peut être, le Parlement était convoqué en session extraordinaire ce mercredi, afin de permettre au gouvernement de faire un point avec la représentation nationale sur la situation en Syrie. 

La crise syrienne dure maintenant depuis plus de deux ans, elle a déjà entraîné près de 100.000 morts et engendré 2,5 millions de réfugiés et déplacés dans la région. Dans la nuit du 21 août, l´horreur a franchi un cap, que beaucoup considèrent comme une ligne rouge: l’utilisation d’armes chimiques, provoquant la mort de 1500 personnes au moins selon différentes organisations, comme Médecins sans Frontières, dont plusieurs centaines d’enfants.

Cette nouvelle situation appelle deux questions auxquelles la Communauté internationale se doit de répondre avant toute action ultérieure: 
1. y a t-il eu une attaque chimique cette nuit du 21 août? 
2. quel protagoniste du conflit en est l´auteur?. 

Les services français (DGSE/DRM) sont formels: oui, il y a eu une attaque chimique la nuit du 21 août, les symptômes constatés sur les corps ne laissent planer aucun doute. Cette affirmation sera sans doute corroborée par le rapport des experts de l´ONU. 

Quant à l´auteur, un important faisceau d’indices (détention de gaz, mode opératoire, observation de préparatifs antérieurs, et la modélisation des trajectoires de tir) indique clairement que seule l’armée régulière est en capacité de procéder à de telles opérations. L’ONU ne pourra pas répondre à cette question, car la recherche de l´auteur des frappes chimiques ne figure pas dans le mandat des inspecteurs. Il faut savoir que l´armée syrienne dispose de plus de 1000 tonnes d´agent chimiques.

A la nécessité de mettre fin à l’horreur s’ajoute aussi, pour nous, l’obligation de nous protéger notamment en luttant contre le risque de prolifération de ce type d’arme et son utilisation par d´autres régimes. Pour la France, victime des gaz chimiques lors de la 1ère guerre mondiale, cela représente un élément crucial et une menace potentielle. Il ne s´agit donc pas seulement de la guerre des autres. 

Notre pays, La France, par la voix du Président Hollande, est à la pointe dans la recherche d’une solution politique en Syrie depuis des mois. A cette heure, tout porte à croire qu’une solution politique ne verra pas le jour sans une intervention qui porterait un coup d’arrêt à ces pratiques.
A l´heure où j´écris ces lignes, le G20 discute de la situation syrienne, il est néanmoins peu probable qu´un consensus clair se dégage sur telle ou telle option.

La question du vote par le Parlement, et pour laquelle j’ai pris position, ne doit pas nous faire oublier que la priorité reste la réponse à apporter pour arrêter les massacres et pour relancer les discussions politiques ; serait-ce au moyen d’une intervention armée, car j´en suis convaincu, seule une issue politique règlera la situation.

Arnaud Leroy

pointdevue - travail_parlementaire - tribune
07/09/2013