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Ancien député de la 5ème circoncription des Français de l'étranger
Andorre, Espagne, Monaco & Portugal
 

Article Libération: Arnaud Leroy, des combats durables

LES DÉPUTÉS DE L'AN II

Chaque semaine, rencontre avec un élu qui fait l'actualité. Aujourd'hui, le député socialiste des Français de l'étranger, Arnaud Leroy, à l'heure de la montée en puissance des questions climatiques.

Il dit souvent : «Là, j'ai grimpé aux rideaux», ou «ça m'a fait sortir de mes gonds»ou «j'ai bondi»... Un coup d'œil à son assistante parlementaire qui confirme d'un hochement de tête : Arnaud Leroy s'emporte facilement. A 37 ans, après une année comme député et plus d'une décennie de militantisme politique, il n'est pas de ceux qui laissent glisser les événements sur eux d'un air las. Plutôt du genre concerné, à empoigner à pleines mains la politique. Après tout, la colère est sûrement utile, y compris au Palais Bourbon. 

Pour l'instant, assis à son bureau de l'Assemblée, il est calme, mais jamais vraiment détaché. Plusieurs fois, on s'inquiète de l'heure mais il déborde bien volontiers, continue à discuter du rêve européen, du développement durable ou de l'exercice de son mandat. Arnaud Leroy est un proche de Montebourg. Il a un peu la même fougue. «Je ne suis pas là en classe découverte, je ne suis pas en round d’observation», concède-t-il.

Elu des Français de l'étranger, dans une circonscription qui regroupe le Portugal, l'Espagne, Andorre et Monaco, pour 120 000 citoyens français, il est moins sollicité qu'un député de province «qui doit être en contact avec 128 maires dans sa circonscription et défendre des dossiers locaux». A Paris, où il est présent du lundi au jeudi, il siège à la commission des affaires européennes et est secrétaire de la commission du développement durable. Logique au regard de son parcours qui l'a mené de la banlieue de Lille à Bruxelles puis Lisbonne, et de sa foi en l'écologie politique qu'il a trimballée depuis les Verts jusqu'au PS.

A l'Assemblée, sûr de sa feuille de route, il ne s'éparpille pas. Ses groupes d'études ?«Changements climatiques»«mer, pêche et souveraineté maritime»«économie verte et économie circulaire», ou encore «gaz de schiste». Il s'est battu pour sa place. «En arrivant, je savais comment fonctionnait un Parlement. Dès le début il faut marquer son territoire, être présent tout de suite.»  Il y a d’ailleurs été repéré, notamment par l’équipe de Claude Bartolone qui l’a fait entrer dans le cercle des députés qu'il consulte.

«PAS DE PROBLÈME DE CONFIANCE EN MOI»

Arnaud Leroy est un «fils de prolo qui a réussi». Enfant d’un ouvrier en imprimerie et d’une employée de boulangerie, il a grandi dans la banlieue lilloise. Son ascension lui a demandé «beaucoup d'efforts». «Cela n'a rien d'impossible, mais en France, c'est dur d'avoir sa chance.» Aujourd'hui, il se sent «armé» : «Je n’ai pas de problème de confiance en moi», dit-il, mais sans crâner. 

Il se souvient. A 17 ans, au lycée, un prof a demandé : «Qu’est ce que vous voulez faire comme métier ?» Les élèves y sont allés de leurs réponses, assumant leurs projections. Puis le prof a coupé : «Vous prendrez le boulot qu’on vous donnera.»  Vingt ans plus tard, Arnaud Leroy raconte l'anecdote avec une boule de rage. «Je me suis promis : "Non, je veux décider de ma vie."» Sa sœur, elle, après avoir été orientée vers l’hôtellerie est devenue parachutiste.

Tout en «turbinant», Arnaud Leroy, boursier, fait des études de droit. Fasciné par la mer, habitué de la côte d'Opale, comme beaucoup de ch'tis, il admirait, enfant, les mouvements du port de Dunkerque où son beau père, routier, l'emmenait. Sans parler de sa passion pour le surf – il pratique le long board. Bref, «il fallait trouver un moyen de bosser près de l'océan». Il se spécialise en droit maritime, à Nantes. Il est en DEA au moment du naufrage de l'Erika. Il va alors nettoyer la plage avec sa promo et comprend la «vulnérabilité» de l'environnement marin. Puis il se retrouve pour un stage de cinq mois à la Commission européenne dans les services dédiés au transport maritime. C'est sa voie.

«TOUCHE RESET»

A Bruxelles, à 23 ans, il apprécie l'exil loin d'une société française qu'il juge «figée»et cette impression «d'appuyer sur la touche Reset». Il aime aussi «l'émulation»qu'il sent dans les institutions européennes à ce moment-là. Il y reste. D'abord en travaillant pour une boîte de consulting puis dans l’équipe de Gérard Onesta, alors vice-président du Parlement européen. Ensuite comme secrétaire général de la délégation des Verts français au Parlement européen, sous la direction de Daniel Cohn-Bendit et Alain Lipietz.

Il milite sans limites. «Chronophage», glisse-t-il. En 2004, il est nommé à l’Agence européenne de sécurité maritime –  mise en place après la catastrophe écologique du pétrolier Prestige dans les eaux espagnoles et dont le siège est à Lisbonne. Il vote oui au traité européen, en 2005, et rompt à cette occasion avec les Verts, déchirés par le débat. «Dès 2002, j'avais des interrogations: après la présidentielle il me semblait qu'il fallait une machine de guerre comme l'UMP pour se battre.» 

Quand il sollicite l'investiture PS, il n'est pas le favori. Lui demande seulement le feu vert de sa femme, avec qui il s'apprête à avoir un bébé. Mais à l'époque, beaucoup de gens lui conseillent de ne pas y aller. «Parce que j'étais trop jeune.» Un argument qui l'exaspère.

Charlotte ROTMAN

 

Retrouvez l'article complet sur le site de Libération: 

http://www.liberation.fr/politiques/2013/10/01/arnaud-leroy-des-combats-durables_934912

pointdevue - travail_parlementaire - tribune
15/10/2013