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Député de la 5ème circoncription des Français de l'étranger
Andorre, Espagne, Monaco & Portugal
 

Interview dans l'édition de Lisbonne du Petit Journal

Je réponds aux questions de l'édition du Petit Journal de Lisbonne. J'évoque un premier bilan de mon mandat après 1 an et les objectifs de l'année 2014.
Retrouvez l'ensemble de l'interview.

Un an après ses débuts comme député des Français de l´étranger représentant les Français de la 5ème circonscription (Andorre, Espagne, Monaco, Portugal), Arnaud Leroy revient sur sa première année de mandat, il établit un premier bilan et aborde les défis qui se posent pour 2014. Des questions auxquelles le député répond lors d´une interview.

Lepetitjournal.com : Comment s´est déroulé ce 1er mandat en terme d´adaptation aux nouvelles fonctions ?
Arnaud Leroy : Cette première année de mandat a été très intense. A peine installé, les nouveaux députés se sont attaqués au projet de loi de finance rectificative pour lequel il a fallu trouver dès juillet 2012, 7 milliards d’€, puis la session parlementaire s’est prolongée presque sans interruption jusqu’au mois d’août 2013. En somme, une activité parlementaire continue pendant plus de 12 mois.

Au chapitre des bonnes surprises, la possibilité de m’investir sur des sujets qui me tiennent à cœur au sein de la commission Développement durable et Aménagement du Territoire et au sein de la commission des Affaires européennes. Dans ce cadre, j’ai été chargé de plusieurs rapports : le premier pour avis de la commission de développement durable sur la banque publique d’investissement (BPI) que j’ai rendu en novembre 2012, et plus récemment j’ai été chargé d’un rapport par le Premier ministre pour étudier la compétitivité de la marine marchande française, rapport que je rendrai en fin d’année. Enfin, d’un point de vue international, je suis membre de la commission des affaires européennes, et je suis en charge notamment du dossier du changement climatique. Une thématique qui me tient tout particulièrement à cœur et qui m’a permis d’intervenir lors de la récente conférence environnementale sur le thème des emplois verts.

Les mauvaises surprises ont finalement été peu nombreuses mais de taille. Tout d’abord, l’ardoise que nous a laissé la précédente majorité qui, combinée à la crise, nous a obligé et nous oblige toujours à prendre des décisions douloureuses.

Aussi, étant député des Français établis hors de France, mon action est parfois limitée du fait d’être à l’étranger. La circonscription qui est la mienne se situe sur des territoires étrangers et il n’est pas aisé d’avoir les appuis et le soutien que je souhaiterais de la part des autorités locales (étrangères) comme peuvent l’avoir mes collègues députés en France.

Comment gérez-vous votre temps afin de pouvoir être présent dans les quatre pays que vous représentez (Andorre, Espagne, Monaco, Portugal) ?
Il est certain que les députés des Français établis hors de France sont des élus de la Nation comme les autres, mais il n’en reste pas moins que nos circonscriptions sont bien particulières, eu égard à leur taille et aux différentes langues utilisées.

Je réside toujours à Lisbonne, je m’organise pour être présent régulièrement à l’Assemblée et en circonscription à la rencontre des Français. J’ai aussi fait le choix d’avoir des collaborateurs sur place (au Portugal et en Espagne) afin que mes collaborateurs puissent m’aider à assurer le lien avec nos compatriotes et aider à la résolution des problèmes des Français qui me sollicitent.

Combien de permanences avez-vous tenu jusqu´à présent dans ces 4 pays et combien de résidents sont venus vous voir ? Quelles sont les questions les plus pertinentes qui se posent en fonction de chaque pays ?
Je garde le rythme d’une à deux permanences par mois environ, auxquelles peuvent s’ajouter des déplacements institutionnels de représentation. Au Portugal, j’ai effectué trois permanences à Lisbonne et une à Porto. Je souhaite aussi me rendre dans d’autres régions où de nombreux Français sont installés. Je pense notamment à l’Algarve et la région de Braga.

J’ai rencontré plus de 200 personnes dans mes permanences, je vous laisse donc imaginer la diversité des sujets évoqués. Les réalités des pays de la circonscription sont toutes différentes. Il est donc difficile de faire un profil type des questions posées. Cependant, l’éducation, l’emploi, la fiscalité et le retour en France sont des thématiques qui reviennent tout particulièrement.

Mais encore… y a t-il des questions plus spécifiques qui se posent aux Français du Portugal et avez-vous déjà pu apporter des solutions aux préoccupations posées par ceux-ci, si oui, lesquelles?
Là encore, il s’agit surtout d’une multitude de cas particuliers. Pour donner quelques exemples, j’ai pu travailler pour l’harmonisation des certificats de vie pour les retraités en France et hors de France, j’ai pu aider des compatriotes qui rencontraient des difficultés avec les Finanças portugaises qui ne reconnaissaient pas toujours les spécificités françaises et les documents nationaux, sans oublier les cas particuliers de bourses scolaires ou des difficultés judiciaires en France (paiement de pensions).

Je note aussi la relation forte qui lie les Français établis au Portugal avec la France. Nombreux sont les personnes que je rencontre à me parler de l’actualité française ou européenne. 

Quel est, selon vous, le bilan de cette première année de mandat ?
Tout d’abord, je pense qu’il ne faut pas oublier la fonction nationale d’un député. Pendant cette première année de mandat, je me suis attaché, avec mes collègues de la majorité et le gouvernement, à travailler au redressement de la France. Je ne me cache pas pour dire que des mesures douloureuses ont été prises, mais je suis convaincu qu’elles s’imposaient.

Au niveau national, je retiens deux mesures importantes. Nous avons pu travailler sur des mesures budgétaires extrêmement difficiles. Nous sommes arrivés en juin 2012 sans aucune marge de manœuvre budgétaire et il était nécessaire de regagner quelques facilités par rapport à ce fardeau de la dette qui pesait sur nos épaules. Ensuite, je retiens le travail important sur la compétitivité qui a été produit suite à la publication du rapport Gallois. Après 10 ans de recul régulier de notre compétitivité, ce travail était nécessaire. Je retiens aussi les mesures en faveur de la modernisation de notre droit du travail, qui auront démontré notre ambition d'aller de l'avant, et d'assumer également une méthode basée sur la concertation.

D’un point de vue plus local, je me suis attaché non seulement à respecter mes engagements et à être présents dans tous les pays de la circonscription et cela de manière régulière. Mais j’ai aussi fait le travail de relai auprès des ministères et des instances compétentes pour des problèmes concrets : reconnaissance des diplômes pour les actifs français établis à l’étranger, échanges avec les ministères sur les problèmes de double-imposition, sans oublier les contacts réguliers avec l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) et la MLF (Mission laïque française) pour évoquer l’éducation et la scolarité à l’étranger. J’interroge aussi régulièrement le gouvernement sur les questions qui préoccupent l’ensemble de nos compatriotes à l’étranger comme notamment le rôle de la MFE (Maison des Français de l’étranger), les prix des cours proposés par le CNED (Centre national d’enseignement à distance) ou encore la mise à disposition des documents officiels (passeport et permis de conduire).

Cependant, je ne peux que constater la différence entre le temps administratif et le temps politique. Les avancées des dossiers que je porte ne sont pas aussi rapides que je le souhaiterais, mais je ne compte pas mes efforts et maintiens la pression sur les autorités responsables.

En somme, il est difficile de résumer en quelques mots une année entière de mandat. C’est pour cela que j’ai proposé sur mon site un document détaillé qui reprend les principaux travaux de ces premiers 12 mois.

Quels sont les enjeux pour cette seconde année ? A quels résultats voulez-vous être parvenu d´ici la fin 2014, en particulier par rapport aux problèmes qui peuvent se poser pour les Français du Portugal ?
L’année 2014 sera une année de confirmation et une année qui permettra de travailler de manière plus posée sur les projets que je porte. Pour le Portugal, je travaille actuellement sur la mise en place d’une plateforme d’aide à l’entrepreneuriat sur le modèle d’Initiative France. Il s’agit là d’un engagement de campagne que je tiens à mettre en place. Une partie de la réserve parlementaire de l’année dernière a été allouée à ce projet afin de réaliser cette structure rapidement. L’objectif est de proposer un accompagnement financier, administratif, mais surtout humain aux porteurs de projets. Depuis maintenant plus de 7 ans que je vis au Portugal, je connais la situation économique et les difficultés rencontrées, mais je sais reconnaître les opportunités qui sont devant nous. Nombreux sont les Français à m’évoquer leurs idées d’entreprises. Je souhaite les accompagner dans cette aventure. Cette structure n’a pas vocation à se concentrer uniquement sur le Portugal, à terme, il est certain que l’ensemble de la circonscription sera concerné par cette initiative.

Cependant, là encore, je fais face aux difficultés qui sont celles de la transposition d’une structure nationale à l’étranger. Les recherches de fonds, et les démarches administratives sont longues et difficiles, mais le projet avance et je suis confiant sur son aboutissement dans les mois à venir.

2014 est aussi une année électorale, le 25 mai auront lieu les élections législatives européennes et l’élection des conseillers consulaires. La première est déterminante pour l’avenir de l’Union européenne, la seconde est l’élection de nos représentants locaux (4 au Portugal) auprès des consulats. A ce titre, je rappelle l’importance de l’inscription sur les listes électorales avant le 31 décembre

Ce sera aussi je l’espère pour les pays de la péninsule ibérique, une année de renouveau. Les années écoulées ont été dures, mais quelques premiers signaux montrent qu’un espoir est là et que 2014 s’annonce sous de meilleurs signes que 2013.

Propos recueillis par Custódia Domingues (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html) lundi 4 novembre 2013

Portugal - travail_en-circonscription
04/11/2013