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Député de la 5ème circoncription des Français de l'étranger
Andorre, Espagne, Monaco & Portugal
 

ERASMUS : l’autre Europe !

Député des Français établis hors de France d’Espagne, du Portugal, d’Andorre et Monaco, originaire de Lille, vivant depuis 12 ans à l'étranger et aujourd’hui à Lisbonne, je suis un ancien étudiant ERASMUS.

Dans les années 90, j’ai eu la chance d’aller faire ma maîtrise de Droit à Warwick (Royaume Uni) alors que j’étais étudiant à l’Université de Lille. Une année d’étude à l’étranger, c’était pour moi non seulement l’assurance de maîtriser une autre langue, en l’occurrence l’anglais, mais aussi une ouverture sur un pays européen, une autre culture, une autre manière de fonctionner et aussi des liens avec d’autres étudiants venus de toute l’Europe.  Cette expérience a changé ma vie.

A l’heure des discussions sur le budget de l’Union Européenne, le programme ERASMUS est en danger. Non seulement, le financement du dernier trimestre 2012 n’est pas assuré mais ni les programmes d’éducation et ni ceux de la recherche ne sont des priorités affichées les États Européens.

Pourtant, la sortie de crise ne se fera pas sans des générations d’étudiants formés, parlant plusieurs langues, ouverts sur d’autres cultures et organisations, capables de s’adapter.

Le bilan du programme ERASMUS est très positif, en 25 ans, ce sont 3 millions d’étudiants qui l’ont utilisé. La demande est croissante alors que les bourses sont d’un montant modeste (200€ pour les études et 358€ pour les stages) et que souvent les étudiants sont obligés de travailler pour compléter leurs revenus.

L’impact est difficile à mesurer d’un point de vue statistique et dépasse très largement le cadre éducatif. Il est impossible de ne pas voir le lien entre l'augmentation du nombre de Français s'installant à l'étranger et en particulier en Europe, avec le succès de ce programme.

Une chose est certaine, le programme ERASMUS est à l’origine de l’espace européen de l’enseignement supérieur et des processus de reconnaissance et d’équivalence des diplômes à l’échelle européenne, qui permettent à de nombreux étudiants et salariés d’étudier dans un pays et de travailler dans un autre, sans dévalorisation.

ERASMUS aujourd’hui ce sont des échanges d’étudiants, d’enseignants, entre universités, des stages professionnels, des formations professionnelles. Plutôt que de le réduire, il faut le développer vers plus de filières et vers l’apprentissage. Au moment où l’Université s’ouvre de plus en plus sur le monde du travail, il ne s’agit pas de lui fermer les portes de la mobilité européenne. C’est une question de justice sociale et de compétitivité.

ERAMUS, c’est plus qu’un réseau d’échanges d’étudiants, c’est la richesse de l’Europe de demain.

 

Arnaud Leroy

27/11/2012
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