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Député de la 5ème circoncription des Français de l'étranger
Andorre, Espagne, Monaco & Portugal
 
21/09/2015

Réfugiés : ne pas oublier le long terme.

Les images douloureuses se succèdent. On y voit des personnes, des enfants, beaucoup d’enfants, qui fuient et tentent de construire quelque chose de nouveau, à l’abri des bombes, des viols, de la guerre et de la misère qu’elle sème. Que sont-ils venus chercher ? Le droit de vivre tout simplement.

Je suis pour l’accueil, celui qui doit être organisé et je tire mon chapeau à ces maires - sans distinction de tendance politique - qui essaient au-delà de toute polémique de faire au mieux et d’organiser l’accueil de ces populations en mouvement. Je salue aussi ici, à l’instar de François Baroin, l’action du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve pour son action, notamment en matière de coordination pour l’accueil des réfugiés. C’est un long chantier qui s’ouvre devant nous.

Si je crois illusoire de vouloir se barricader, ou de parler de situation transitoire, je comprends les craintes et les interrogations. Il revient aux femmes et aux hommes politiques de participer à la solution, à la pédagogie et non de rajouter aux problèmes. La population sera rassurée quand elle verra par la démonstration et par l’action que nous pouvons accueillir nombre de personnes. Il est donc essentiel de scolariser les enfants, d’enseigner le français aux parents et les former pour favoriser leur intégration.

Nous sommes face à un phénomène d’ampleur, et les polémiques hexagonales ne feront pas long feux face à ce défi.

S’il y a l’urgence à traiter, il ne faut pas non plus détourner les yeux des sources de ces mouvements, notamment les conflits. Il est important de rétablir la paix et la stabilité dans de nombreuses régions plus ou moins proches des frontières de l’Union. Oui, devant ce changement, il va aussi falloir que nous fassions un devoir d’inventaire, notamment de nos interventions armées et de leurs conséquences sur des dizaines de millions de personnes et de régions entières.

Ceci nous renvoie également à la politique de développement que nous menons et à celle que mènerons. Tout ceci nous renvoie à la COP 21 de décembre prochain, car les phénomènes climatiques sont de plus en plus liés, voire sources, de phénomènes migratoires. J’avais dès ma prise de fonction comme président du groupe d’étude « Changements climatiques » à l’Assemblée nationale travailler avec les associations et les avocats spécialisés pour tenter d’avancer sur le statut du réfugié climatique ou de déplacé environnemental. Le débat est loin d’être clos, surtout pour certaines îles du Pacifique qui disparaissent petit à petit laissant des centaines de milliers de personnes sans territoires.

Quant aux politiques de développement, il ne me paraît pas très sérieux ni constructif de vouloir jouer sur ce levier quand nous sommes en difficulté pour remplir notre part du contrat par une aide au développement équivalente à 0,7 % du PIB, chiffre sur lequel nous nous étions engagés il y a déjà bien longtemps. On retrouve d’ailleurs ce type de discussion autour d’un fonds vert, outil de financement pour la lutte contre les dérèglements climatiques et qui est à doter de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020.

Le co-développement doit devenir une réalité et non plus un simple élément de discours.

La grande victime de cette crise est aussi l’Union européenne. Il faut bien sûr faire évoluer les accords de Schengen, notamment à l’aune des difficultés rencontrées ces derniers temps et de la nouvelle carte de l’Union.

Il faut aussi que chacun soit mis devant ses propres responsabilités comme le groupe de Visegrad. En effet, je suis à ce titre favorable à la modulation des aides structurelles pour les pays qui auraient tendance à ne pas assumer la solidarité dans cette épreuve. L’Union ne peut se résumer à un carnet de chèque.

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