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Député de la 5ème circoncription des Français de l'étranger
Andorre, Espagne, Monaco & Portugal
 
20/07/2015

France-Andorre : La consolidation de liens entre deux pays frontaliers

S’il est un pays qui sait s’extirper des préjugés, c’est bien Andorre. En effet, elle est désormais loin l’image d’une principauté reculée au milieu des montagnes, sorte de petit paradis fiscal situé dans les Pyrénées au milieu de ses voisins français et espagnols. Depuis maintenant 10 ans, Andorre a initié une mutation importante, via des réformes remarquables, et se tourne avec sérénité sur le monde extérieur.

L’histoire de la Principauté d’Andorre est particulière. Indépendante depuis 1993, elle s’est dotée dans sa constitution de 2 Coprinces pour chef d’État : le Président de la République française et l’Évêque d’Urgell. Une raison supplémentaire qui donne à la France un rôle particulier. Le nombre d’école française est un chiffre qui caractérise ce lien étroit : 14 écoles dont certaines plus que centenaires, soit près d’un tiers des élèves scolarisés dans ce pays. Une relation unique entre les deux territoires, notamment autour de l’enseignement, qui a été confirmé en 2013 lors du renouvellement de la convention éducation. Un point positif qui doit permettre de renforcer l’attractivité de la France en Andorre.

S’il est un domaine où Andorre est en pleine mutation, c’est bien l’économie. Depuis maintenant cinq ans, le pays est passé de la liste « grise » des paradis fiscaux de l’OCDE à celui de partenaire économique important de ses voisins européens. Ainsi, sur les dernières années 17 conventions fiscales ont été nouvellement signées. Andorre a fait ainsi peau neuve et entamé des réformes considérables : refonte de tous les impôts indirects en une TVA unique à 4,5%, une création d’impôts directs (sociétés et activités commerciales, taux à 10%) et enfin l’institution d’un impôt sur le revenu des personnes physiques. La principauté s’ouvre au monde extérieur et notamment aux capitaux et aux investissements étrangers (notamment par la loi « sur le capital étranger » de juillet 2012 qui stipule que 100 % du capital des sociétés commerciales peuvent être détenus par une société ou un ressortissant étranger).

La France a par ailleurs bien saisi cette opportunité que représente le développement de l’économie andorrane et son ouverture à l’étranger. Pour cette raison, une nouvelle convention fiscale a été adoptée, non sans difficulté, en mars 2015 afin de stabiliser le contexte fiscal pour les particuliers, mais aussi pour les entreprises qui opèrent sur les deux marchés.

C’est en travaillant sur cette proximité géographique et économique que la France reste à l’écoute de l’évolution andorrane de ces dernières années. Le pays doit profiter de son ancrage éducatif, linguistique et historique pour intensifier les relations avec la principauté andorrane. En effet, notre pays a vu une baisse importante des importations andorranes, notamment au profit du voisin espagnol dont la prédominance est croissante. La marge de progression dans les échanges bilatéraux est grande et ne peut être que bénéfique pour les deux pays.

Fort d’un passé riche et d’une relation intense, la France et l’Andorre ont réussi à profiter d’échanges commerciaux, culturels et linguistiques importants. Les récentes visites de François Hollande en juin 2014 et de Manuel Valls en juin 2015 a permis de rappeler la relation particulière qui lie les deux pays et d’acter le souhait de renforcer nos partenariats.

La principauté d’Andorre a bien changé depuis maintenant dix ans et ne constitue plus l’image d’Epinal d’un pays isolé à la fiscalité attractive. Il s’agit désormais d’un partenaire privilégié que notre pays doit considérer à part entière pour tirer conjointement profit des liens anciens et forts entre nos deux nations.

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