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Ancien député de la 5ème circoncription des Français de l'étranger
Andorre, Espagne, Monaco & Portugal
 
07/12/2015

"Il n´est pas équitable de laisser une dette abyssale à la jeunesse" - Retrouvez mon interview dans Lepetitjournal

Le député des Français de l´étranger de la 5ème circonscription Arnaud Leroy, a été interviewé par Lepetitjournal/Lisbonne sur sa mission comme élu de la nation ainsi que sur les récents attentats ayant eu lieu en France.

Après trois ans de mandat – élu le 17 juin 2012-  et à deux ans de la fin de celui-ci, Arnaud Leroy n´a pas souhaité répondre sur la possibilité d´une nouvelle candidature. "2017 est encore loin" a-t-il rétorqué. On sent que le métier de la politique est passé par là. L´homme a acquis de la maturité. Il s´exprime sur ses actions, prend position contre "le fanatisme jihadiste" et n´hésite pas à mentionner la "dette abyssale" qui est laissée à la jeunesse quand il aborde les aspects sociaux liés à l´impôt. Il met en avant le thème maritime qui lui tient à cœur à un moment où se tient la COP XXI à Paris. Là aussi il estime qu´il y a une "responsabilité générationnelle" et qu´il faut prendre soin de la planète. Il était jusqu´à son élection en charge de la protection de l’environnement marin et des questions liées aux changements climatiques, à l´Agence européenne de sécurité maritime basée à Lisbonne.

Lepetitjournal/Lisbonne : Quelle appréciation faites-vous de votre mission de parlementaire après trois ans de mandat ?

Arnaud Leroy : J'ai fait un point d'étape, il y a quelques mois avec un document que l'ensemble de nos concitoyens peuvent télécharger, il est sur mon site. Il couvre mon activité en circonscription, l'usage de ma réserve parlementaire et bien sûr mon activité à l'Assemblée nationale, qui est pour moi la première exigence pour un député. J'ai fait le choix de suivre 3 ou 4 thématiques, qui concernent l'avenir de notre pays et des Français: la mer, le changement climatique, et la croissance verte, y compris dans sa partie financière.

Quelles sont les questions majeures qui se sont posées depuis 2012 et qui se posent actuellement aux Français de la 5ème circonscription ?

Il y a une multitude de sujets. Lors de mes permanences, où je reçois entre 10 et 15 personnes, il n'est pas rare que chacun vienne avec une problématique qui lui est propre. Il y a certes des tendances fortes. Par exemple, la question de l'emploi, du retour, des problèmes liés aux passeports et aux actes d'état civil ainsi que la question scolaire.

Quelles réponses concrètes avez-vous pu apporter aux problèmes posés ?

Je ne pourrai pas faire la liste de tout, mais je peux vous dire qu´aucune question ne reste sans réponse, même si elle doit être négative, nous essayons toujours de faire le maximum. Nous travaillons en étroite collaboration avec les équipes consulaires ainsi qu'avec les sociétés de bienfaisance qui assurent un travail important en matière de solidarité.


Un mot sur la question du bâtiment qui abritait l´Institut Français du Portugal.  Comme député vous avez été interpelé sur cette question, que pouvez-vous en dire ?

L'Ambassadeur de France est mieux placé que moi pour vous répondre sur ce sujet. Je continue de ma battre à Paris pour que nous fassions quelque chose du bâtiment de la rue Luís Bivar, qui à ma connaissance n'est toujours pas vendu. Je regrette que nous n'ayons pas essayé d'optimiser les choses avant de décider la vente et la mise sous cocon de cet équipement.

A la suite de témoignages recueillis, on constate l´arrivée d´un nombre important de Français au Portugal pour des raisons qui semblent particulièrement liées à des exemptions fiscales.  Quel est votre point de vue, comme élu de la nation ?

Les "témoignages recueillis" ne se reflètent pas –pour l'heure- dans les chiffres d'inscription au registre consulaire dont je dispose, donc...(silence). Sur la pérennité des mesures tant pour les retraités que pour le régime fiscal attractif, il est important de rappeler qu'il s'agit d'un choix et uniquement d'un choix des autorités portugaises, donc soumis aux aléas de la vie politique portugaise. Je rajouterais que mon objectif est surtout de réitérer à Paris que les Français établis hors de France ne sont pas tous des exilés fiscaux. C'est pour la majorité un choix de vie, une étape dans un parcours professionnel. Je ne porte pas de jugement sur ceux qui font un choix basé sur la fiscalité, je dis simplement qu'il y a une conséquence en terme de solidarité nationale, et donc aussi sur les budgets alloués aux actions destinées aux Français de l'étranger. Il faut être cohérent. Nous devons avoir un débat sur le rôle de l'impôt dans notre pays, il faut sans doute améliorer la transparence et l'information sur l'utilisation des impôts collectés, mais il faut aussi lutter contre les mensonges visant à promettre plus en demandant moins.

Enfin, je l'ai répété depuis le début de mon mandat, il y a aussi un aspect de solidarité générationnelle, en effet, il n´est pas équitable de laisser une dette abyssale à la jeunesse alors qu'elle devra affronter de nombreux défis -coûteux- d'ici la fin du siècle, notamment celui de l'adaptation aux changements climatiques.


Les questions écologiques en particulier liées au climat et à l´aspect maritime vous intéressent.  Avez-vous des projets dans ce secteur, à un moment où la COP XXI est d´actualité ?

Oui, j'ai un projet important en cours, ma proposition de loi sur l'économie bleue, un secteur qui pèse près de 400 000 emplois en France et en Outre mer et pour plus de 60 milliards de chiffre d'affaire, le tout dans un milieu écologiquement fragile. Le texte est passé en commission à l'Assemblée il y a peu et devrait être discuté en séance plénière en février prochain. C'est un sujet d'avenir sur lequel je me suis beaucoup investi avec les professionnels et les organisations syndicales. J'ai consulté à tour de bras pendant plus de 7 mois afin de viser juste sur les besoins. C'est le seul texte "maritime" de ce quinquennat, il suscite beaucoup d'attentes dans les secteurs concernés.

Il y a aussi bien sûr la question climatique et ses innombrables ramifications, car comme je l'ai souvent dit, il s'agit d'un problème de civilisation et non une simple question environnementale. La question climatique concerne autant les migrations que les transports ou l'architecture des villes. J'ai été impliqué dans la loi sur la transition énergétique, je suis maintenant sa mise en œuvre, par exemple de son article 173 que j'ai fait inscrire dans la loi par un amendement qui porte sur l'empreinte carbone des investissements. C'est une révolution dans la gestion des portefeuilles d'actifs et dans l'orientation des investissements. Nous en sommes à l'élaboration des décrets Sur ce travail de suivi, il en va de même avec le plan national d'adaptation aux effets des changements climatiques, et je ferai de même avec l'accord de Paris et sa déclinaison nationale. Il ne suffit pas de voter des lois, il faut s'assurer de leur mise en œuvre et leur effectivité afin de corriger si nécessaire. C'est aussi le travail d'un député.

Alors que la France se voit menacer sur son territoire par des attentats terroristes, avez-vous un message pour les ressortissants français résidant à l´étranger ?

Oui, plusieurs messages. Un message d'espoir, de fraternité, car c'est la France dans sa diversité qui est visée, sa capacité à vivre avec l'ensemble de ses composantes. Je me dois aussi d'adresser un message de prudence à nos compatriotes, il ne s'agit pas d'alimenter la psychose, il faut continuer à vivre, sortir, boire et chanter mais il est aussi important ne pas oublier que la France est en état d'urgence jusqu'en février. Enfin, un message de fermeté dans la lutte contre le fanatisme jihadiste, que je considère être une nouvelle forme de fascisme.

Propos recueillis par Custodia Domingues (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html) lundi 7 décembre

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