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Ancien député de la 5ème circoncription des Français de l'étranger
Andorre, Espagne, Monaco & Portugal
 

Clarification et Accélération

Voici mes réactions suite à la conférence de presse du Président de la République et de ses nombreuses annonces.

Élu depuis maintenant plus de 18 mois, le Président Hollande a redéfini le contexte idéologique de son action. Cette clarification est bienvenue. Elle était devenue nécessaire pour affirmer sans contestation possible le cap et la méthode qui guident notre action. C'est la feuille de route du reste de son quinquennat que nous a présentée le Président.

Plusieurs réformes successives, de l'ANI au récent accord sur la formation professionnelle ont démontré que face à la situation économique les partenaires sociaux—poumons d'une démocratie moderne—étaient présents au rendez-vous. Lors de cette conférence, le Président a démontré une nouvelle fois que nous l'étions également.

Certains seront nostalgiques du mot "socialiste" voyant dans l'expression social-démocrate une désertion ou une reculade. Ce n'est pas mon cas.  Je n'ai pas la social-démocratie honteuse ou le réformisme complexé. Je crois que le contrat et la confiance réciproque sont des atouts maîtres dans la démocratie moderne. Ils s'appuient sur la responsabilité des uns et des autres, ainsi que sur la maturité du corps social pour accompagner cette démarche en France. A l'aune de cette nouvelle période, mon rôle de député consiste à garantir le respect de ce contrat proposé aux différentes composantes de la société française, pour faire entrer notre pays dans une ère inédite de son histoire sociale.

L'urgence n'est pas dans la sémantique mais dans la recherche de solutions durables, afin de sortir notre pays de l'ornière et de la culture de la rustine à laquelle nous avons eu, droite et gauche confondus, trop souvent recours dans le passé. La politique de l'offre énoncée par le Président ne prendra toute sa dimension qui si elle s'appuie aussi sur un minimum de relance, d'organisation de la demande, afin de consolider le moteur de toute reprise: la confiance des acteurs économiques, entreprises comme salariés ou encore consommateurs.

A mes yeux, le mot réforme ne rime en rien avec régression. Il est au contraire l'instrument du progrès, le seul outil à disposition visant à adapter notre pays aux paramètres de notre époque. Je serai vigilant sur ce point, de même que sur la question des contreparties en termes d'embauches dans le cadre du pacte de responsabilité.

Notre pays va mal, il est devenu vital de l’aider à retrouver confiance en lui. Il en va de même pour les Français, où qu'ils se trouvent. Certains diront que le début de cette situation est concomitante avec l'arrivée de la Gauche aux affaires. Je les laisse à leur croyance, mais la majorité d'entre nous sait qu'il n'en n'est rien. Un ancien premier ministre expliquait, il y a quelques mois, que le “déclin"—le mot est sans doute trop fort—de notre pays a commencé il y a déjà bien longtemps admettant au passage une part de responsabilité dans cet état de fait. Le diagnostic est partagé, une grande partie des solutions identifiées, jusqu'ici manquait une réelle volonté de braver les conservatismes en tout genre qui font le charme de notre nation.

Voilà mon état d'esprit et les raisons pour lesquelles, je soutiens pleinement le pacte exposé par le Président lors de sa conférence de presse.

Sur un autre registre, il est un point qu'il ne faut pas éluder: les changements induits dans la pratique institutionnelle par les déclarations du Président. Dans cette logique de pacte, la Vème République aborde un virage. Le quinquennat et l'accélération du temps depuis cette dernière décennie influent énormément sur notre pratique politique. Le Président est dorénavant seul en première ligne, il impulse directement les choses et se retrouve comptable de tout devant les Français.

Cette nouvelle toute puissance demande à être contrebalancée, selon les préceptes de Montesquieu. On ne saurait demander aux partenaires sociaux de jouer un plus grand rôle sans revaloriser ou renforcer le rôle de l'Assemblée nationale en sa qualité d'organe de contrôle de l'exécutif. Quid des coûts d'une telle évolution de l'Assemblée se demanderont certains ?

A titre personnel, je ne suis pas opposé à la réduction du nombre de députés afin d'allouer les ressources économisées au profit du renforcement de ces moyens de contrôle. C'est du bon fonctionnement de notre démocratie dont il s'agit.

L'Europe fait également partie des solutions, mais les tensions s'accentuent. Plus sourcilleuse du respect de l'inflation que du bien-être des peuples, cette belle idée sort très affaiblie de la gestion de la crise débutée en 2008. Il est plus que temps (d'essayer) de raccommoder les choses, de préciser les termes d'un contrat devenu léonin pour beaucoup. Là aussi, une clarification s'impose, au plus vite.

 

Arnaud Leroy

22/01/2014