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Ancien député de la 5ème circoncription des Français de l'étranger
Andorre, Espagne, Monaco & Portugal
 

Tribune d'Arnaud Leroy du 17 avril 2014

Le Président de la République a fixé les éléments de sa politique, incarnée par le pacte de responsabilité, le 14 janvier dernier. Dans un précédent billet, j’ai salué sa volonté, son dynamisme et son pragmatisme. Depuis, une défaite sans précédent est venue sanctionner le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Ayant été moi-même candidat, je pense que l’analyse exhaustive est encore à venir.

Si les raisons sont multiples, je crois que nous avons surtout payé notre manque d’incarnation du pouvoir. Ce constat se traduit par un manque de confiance dans l’équipe au pouvoir alors que l’heure est venue d’affronter la tempête et que des choix difficiles sont à faire.

Une nouvelle séquence s’est ouverte avec la nomination d’un nouveau gouvernement mené par Manuel Valls. Je lui ai apporté ma confiance la semaine dernière, sur la base d’un contrat de majorité porté par 87 députés dont j’étais un des initiateurs.

Ce contrat a subi son premier coup de canif hier avec une annonce précipitée, portant sur la réduction des dépenses de 50 milliards d’euros (cf. ci-joint pour le détail des coupes). Si je suis pour une baisse des dépenses et du déficit publics, je suis contre la « théorie du rabot », pratique aveugle dont nous avons constatéles limites avec la RGPP*(voir plus bas) du Président précédent. Je ne crois pas àl’efficacité de la méthode. Elle est de plus anxiogène et nuit à l’ingrédient essentiel de toute consolidation de l’activité : la confiance. Un consensus se dégage depuis plusieurs mois sur la nécessitéde privilégier l’activité, quitte àrepousser le retour aux fameux « 3 % » devenus un véritable totem mortifère. Relancer l’activité, c’est réduire àterme le déficit par une croissance plus forte qui générerait donc plus de rentrée fiscale. Au lieu de cela, c’est au niveau du pouvoir d’achat que ces ajustements auront lieu, avec pour conséquence une baisse de la consommation àtous les niveaux. Sans demande supplémentaire, point de salut pour l’emploi et la reprise.

Ces réductions ne sont pas une surprise, elles étaient annoncées depuis janvier par le Président de la République. C’est la méthode choisie–une annonce précipitée, sans concertation ni collaboration avec les députés –qui va àl’encontre d’un fonctionnement normal. Notre pays a besoin d’une relation de travail apaisée et constructive entre une majoritéparlementaire et un gouvernement qui en est l’émanation. Cet aspect de la Vème République est détestable, il tue àpetit feu la confiance des électeurs en la démocratie française.

Oui il faut réformer la France. Comment ? Par les réformes de structures. Lesquelles ? Par la simplification administrative, par exemple, elle a rapporté plus de 40 milliards d’euros en Allemagne. Il faut donc très vite mettre en œuvre le premier paquet de mesures proposées par mon collègue Thierry Mandon (Voir le rapport). J’avais moi-même proposéun volet de simplification sur le plan de l’administration maritime, restéjusqu’ici lettre morte, afin d’alléger les coûts et supprimer les procédures superflues.  Quant au« big bang territorial » ainsi que la fin annoncée des Conseils généraux, dont on parlait déjàen 1959 ou la fusion des régions, on applaudit. Mais quel dommage d’avoir perdu 2 ans sur ces affaires.

Enfin, j’avais dit lors de l’annonce de la remise àplat de notre fiscalité, que l’avenir de la France passait aussi par un inventaire sur les domaines d’interventions de l’Etat. Je persiste et signe : sans cela, point de salut, même en pratiquant des réductions de dépenses àrépétition.

Arnaud Leroy

 

 

RGPP : La révision générale des politiques publiques (RGPP) consiste en une analyse des missions et actions de l'Etat et des collectivités, suivie de la mise en œuvre de scénarios de réformes structurelles, avec comme buts la réforme de l'Etat, la baisse des dépenses publiques et l'amélioration des politiques publiques.

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17/04/2014